La SLA paralyse progressivement les muscles volontaires, dont certains sont essentiels aÌ la survie : les muscles respiratoires et ceux de la deÌglutition. Câest pourquoi il nâexiste, en reÌaliteÌ, quâune seule façon de mourir directement de la maladie elle-meÌme : le SDRA, le syndrome de deÌtresse respiratoire aigu.
Je mets volontairement de coÌteÌ la deÌnutrition seÌveÌre, qui reste aujourdâhui extreÌmement rare.
TheÌoriquement, un respirateur bien reÌgleÌ via une tracheÌotomie remplace parfaitement les fonctions meÌcaniques des muscles respiratoires. Cela devrait, en principe, nous mettre hors de danger immeÌdiat.
Pourtant, beaucoup me diront quâils ont perdu un proche malgreÌ la tracheÌotomie. Et ils ont raison : eÌvidemment, la tracheÌotomie ne rend pas immortel, et un respirateur ne proteÌge pas contre les maladies pulmonaires ou complications physiologiques qui, elles, peuvent eÌtre graves.
Câest laÌ quâinterviennent de multiples causes indirectes, qui peuvent survenir avant comme apreÌs la tracheÌotomie. Je serais bien incapable de toutes les lister ; je me limite donc aÌ celles que jâai moi-meÌme traverseÌes : embolie pulmonaire, septiceÌmie, chutes, peÌritonite, deÌnutrition avanceÌe.
Ce sont toutes des complications potentiellement fatales.
En revanche, contrairement aÌ ce que je lis souvent, il est impossible dâeÌtre en deÌtresse respiratoire si lâon est sous respirateur, par tracheÌotomie, et que les poumons sont totalement sains. Les probleÌmes respiratoires surviennent uniquement lorsque les poumons sont atteints (infection, embolie, ĆdeÌme, spasme, etc.)
La SLA ne touche ni les bronches ni les poumons : que ce soit bien compris.
Jâai aussi lu que la SLA sâattaquait directement au cĆur, au preÌtexte que câest un muscle. Câest totalement faux. Nâimporte quel neurologue le confirmera : le cĆur nâest pas toucheÌ par la maladie.
Jâai eÌgalement lu quâon avait refuseÌ une tracheÌotomie aÌ un patient parce que « câeÌtait trop tard, la SLA eÌtait trop avanceÌe ».
Quand je suis arriveÌ en reÌanimation apreÌs une deÌtresse respiratoire, les meÌdecins pensaient que je ne survivrais pas.
Et pourtant…
Il nâest jamais trop tard.
Le proverbe « tant quâil y a de la vie, il y a de lâespoir » est pleinement valable.
Le manque dâinformations fiables est ahurissant.
Et la circulation de fausses informations lâest encore plus.
Ce deÌficit dâinformation fait probablement partie des raisons pour lesquelles seulement 3 % des patients en France choisissent la tracheÌotomie, contre 46 % au Japon (chiffres 2018). Bien suÌr, les Japonais ont un rapport culturel diffeÌrent aÌ la maladie et aÌ la mort, mais cela nâexplique pas aÌ lui seul un eÌcart aussi gigantesque.
Que vous choisissiez ou non la tracheÌotomie ne me regarde pas : câest votre vie, votre corps, votre deÌcision.
Mais ce qui compte eÌnormeÌment pour moi, câest que ce choix soit fait avec le bon eÌclairage scientifique, pas avec la peur, la deÌsinformation ou les ideÌes reçues.
Mon reÌve ?
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« Mon Dieu, il a la maladie de Charcot, il est foutu »
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« Mon Dieu, il a la maladie de Charcot. Câest treÌs dur… mais une vie est possible. »