Naturellement, les proches sây collent, et câest plutoÌt bien. Mais avec le temps, le pieÌge se referme et le conjoint se retrouve aide soignant. Ce nâest beÌneÌfique pour personne, les lignes bougent deÌjaÌ suffisamment comme ça, les proches doivent rester dans leur roÌle, câest comme ça quâils sont les plus « utiles ». Sans oublier bien suÌr que câest une eÌpreuve collective et quâils souffrent probablement autant que nous, ils ont aussi besoin de se ressourcer, dâeÌtre forts. DâouÌ la neÌcessiteÌ de faire appel aÌ une aide exteÌrieure, professionnelle.
La premieÌre chose aÌ prendre en consideÌration dans le choix dâun ou dâune auxiliaire de vie, câest quâil faut que ça colle, humainement. Câest deÌjaÌ compliqueÌ de subir une telle intrusion dans son intimiteÌ, si en plus le courant ne passe pas…
Vous avez tout aÌ fait le droit de poser certains criteÌres aÌ lâorganisme auquel vous ferez appel. Vous pouvez eÌgalement embaucher des auxiliaires de vie en direct par cheÌque emploi service. C’est la formule que je preÌfeÌre. Elle eÌvite le turnover des employeÌs d’une socieÌteÌ de services, et ils sont mieux payeÌs, ce qui les fideÌlise. Vous pouvez faire appel aÌ France Travail pour le recrutement, et je vous conseille de demander des aides soignantes ou des auxiliaires de vie diploÌmeÌes.
Disons les choses franchement : organisez un petit casting. Câest vous le beÌneÌficiaire, câest votre quotidien, câest votre intimiteÌ. Et, en un sens… câest vous qui payez. Enfin, presque. Car voici le cĆur du probleÌme : le financement, et lâimbroglio administratif qui lâaccompagne.
Les services dâaide aÌ la personne sont majoritairement priveÌs, mais câest un organisme public qui les finance pour vous. Pour cela, il faut beÌneÌficier de la PCH (prestation de compensation du handicap), attribueÌe par la Maison DeÌpartementale des Personnes HandicapeÌes (MDPH).
Si vous passez par le cheÌque emploi service, câest la meÌme chose : la MDPH vous verse la PCH pour que vous puissiez payer vos auxiliaires.
En theÌorie, un patient SLA devrait eÌtre un dossier prioritaire, traiteÌ rapidement et avec toutes les options. Mais lâadministration française est ce quâelle est… Et quand on meÌne deÌjaÌ une guerre contre la maladie, se battre en plus contre la paperasse, câest eÌprouvant.
Je suis particulieÌrement heureux de reÌeÌcrire cet article, car la loi a eÌvolueÌ en notre faveur depuis la creÌation de ce site. GraÌce au seÌnateur Gilbert Bouchet, lui-meÌme atteint de SLA et malheureusement deÌceÌdeÌ en octobre 2025, une nouvelle loi a eÌteÌ voteÌe :
â lorsquâun patient est diagnostiqueÌ SLA, la MDPH a deÌsormais un mois pour traiter son dossier ;
â peu importe lâaÌge au moment du diagnostic, vous avez droit aÌ la PCH.
Câest une avanceÌe majeure, quand on sait quâauparavant, un diagnostic apreÌs 60 ans excluait purement et simplement lâacceÌs aÌ la PCH.
Repose en paix Gilbert, et merci pour tout ce que tu as fait pour les patients.
AÌ noter : la PCH couvre aussi le mateÌriel (fauteuil, ortheÌses, etc.) et lâameÌnagement du domicile.
Dâautres aides existent : soutien psychologique, aide meÌnageÌre, financement de mateÌriel… Pour cela, rapprochez-vous dâun ReÌseau de soins de support et de soins palliatifs.
Pour ma part, je nâutilise pas toutes les heures dâauxiliaire de vie. Dâabord parce que preÌserver un minimum dâintimiteÌ reste preÌcieux, ensuite parce que cela permet aÌ mon eÌpouse, devenue aidante aÌ temps plein, de percevoir un petit salaire.
Enfin, il existe de nombreuses associations qui peuvent vous accompagner dans vos deÌmarches, vous guider, vous conseiller et parfois vous preÌter du mateÌriel.