Les centres reÌgionaux SLA, malgreÌ leur expertise indiscutable, restent souvent difficiles dâacceÌs : deÌlais treÌs longs, rendez-vous espaceÌs… Ils connaissent parfaitement la pathologie, mais ils sont eÌloigneÌs de notre quotidien.
AÌ lâinverse, le meÌdecin traitant est celui qui reste le plus proche de nous. Pourtant, sans lui faire offense, il connaiÌt rarement la SLA en profondeur : nous sommes souvent son seul cas, et son cursus ne le preÌpare pas aÌ lâaccompagnement psychologique de pathologies aussi lourdes.
Pourtant, nous avons besoin dâun suivi reÌgulier et rigoureux. Alors que faire ?
EÌcouter son corps
Sans tomber dans lâhypocondrie, il faut apprendre aÌ reconnaiÌtre les signaux inhabituels : confusion passageÌre prolongeÌe, maux de teÌte persistants, perception eÌtrange des sons… Toute anomalie durable doit mener aÌ une consultation.
Prendre ses constantes
Les constantes regroupent quatre donneÌes essentielles : freÌquence cardiaque, tension arteÌrielle, tempeÌrature corporelle et saturation en oxygeÌne.
Les mesures sont simples, rapides, non invasives, et le mateÌriel couÌte treÌs peu. LâinterpreÌtation, en revanche, doit eÌtre faite par quelquâun de compeÌtent (infirmier ou meÌdecin).
Ce qui doit alerter : une variation brutale et durable.
Le lien
Le meÌdecin traitant doit eÌtre le coordinateur entre vous et les speÌcialistes. Il doit faciliter les eÌchanges, fluidifier lâorganisation, assurer la coheÌrence du suivi.
Sâil traiÌne des pieds, sâil est en deÌsaccord avec vos choix ou sâil manque dâimplication : changez. PreÌsentez votre situation aÌ plusieurs meÌdecins proches de chez vous et trouvez celui qui deviendra un veÌritable partenaire.
Les infirmiers, eux, sont le lien quotidien. Ils deÌtectent les premiers signes dâalerte, font remonter les informations, vous conseillent sur les petits probleÌmes pratiques. Instaurer avec eux une relation de confiance est essentiel.
Une eÌquipe de choc
IdeÌalement, votre « dream team » comprendra : â votre meÌdecin traitant
â les infirmiers libeÌraux et/ou ceux de lâHAD
â un pneumologue
â un neurologue
â un nutritionniste
â un kineÌsitheÌrapeute
â un reÌanimateur en appui pour les questions respiratoires et les tracheÌotomies â eÌventuellement un ORL speÌcialiseÌ en tracheÌotomie
â un gastro-enteÌrologue
ApreÌs une tracheÌotomie, le neurologue devient souvent moins neÌcessaire.
Et si vous avez, en plus, quelquâun capable de changer la canule aÌ domicile (infirmieÌre de reÌanimation, urgentiste, reÌanimateur, ORL hospitalier), câest le confort ultime.
Votre meÌdecin traitant peut vous aider aÌ constituer cette eÌquipe.
Deux peÌriodes
La prise en soin diffeÌre selon les phases :
â avant la tracheÌotomie : surveillance active
â apreÌs la tracheÌotomie : suivi attentif et speÌcifique
Enfin, nâoublions pas deux allieÌs preÌcieux :
â un bon pharmacien,
â un prestataire reÌactif capable de livrer le mateÌriel aÌ domicile. Et du mateÌriel, il y en aura : preÌvoyez de la place.
Pour conclure, je preÌfeÌre dire « prise en soin » plutoÌt que « prise en charge ».