Le microbiote, autrefois appeleÌ flore intestinale, est devenu un sujet central dans plusieurs eÌtudes sur la SLA. Câest dans ce contexte que jâai deÌcideÌ de raconter mon expeÌrience, qui nâa rien de scientifique, mais qui meÌrite peut-eÌtre dâeÌtre mise en perspective.
Jâai eÌteÌ diagnostiqueÌ en 2015 et ma SLA a eÌvolueÌ de manieÌre fulgurante : aÌ lâhiver 2016-2017, elle mâavait quasiment tout pris. En janvier 2017, jâai fini en reÌanimation pour deux mois.
Jâen suis sorti fin mars 2017 et, depuis ce jour, ma maladie nâa plus eÌvolueÌ du tout. Elle mâa eÌvidemment laisseÌ de lourdes seÌquelles, mais je conserve encore du tonus dans les jambes et dans le visage. Cela fait maintenant plus de neuf ans sans aucune aggravation des symptoÌmes.
ForceÌment, jâai commenceÌ aÌ mâinterroger. Pourquoi cette eÌvolution stoppeÌe net ? Que sâest-il passeÌ pendant ce seÌjour en reÌanimation ? En recoupant mes observations personnelles avec ce que jâai lu sur le microbiote, jâen suis arriveÌ aÌ une hypotheÌse : il sâest produit un bouleversement important de ma flore intestinale.
Mais lequel ?
Un deÌtail mâest revenu : mon systeÌme digestif est resteÌ totalement vide pendant une dizaine de jours. JâeÌtais dans le coma, alimenteÌ uniquement par perfusion intraveineuse centrale (alimentation parenteÌrale).
Jâen deÌduis, sans certitude aucune, que ce « jeuÌne forceÌ Â» pourrait avoir profondeÌment modifieÌ mon microbiote.
IntrigueÌ, jâai eÌcrit aÌ mon chirurgien gastroenteÌrologue, qui mâa suivi et opeÌreÌ aÌ plusieurs reprises, pour lui demander ce quâun tel eÌpisode pouvait provoquer sur le microbiote.
Il mâa confirmeÌ que les recherches les plus reÌcentes suggeÌrent un lien possible entre le microbiote et certaines pathologies, notamment la surcharge pondeÌrale et certaines maladies neurologiques. La greffe de microbiote fait partie des pistes prometteuses, meÌme si cet axe de recherche en est encore aÌ ses deÌbuts et quâaucune eÌtude clinique solide nâa encore abouti.
Dans mon cas, il semble bel et bien que quelque chose se soit produit. Peut-eÌtre est-ce lieÌ aÌ ce jeuÌne extreÌme, peut-eÌtre aux nombreux traitements administreÌs durant mon seÌjour en reÌanimation. Difficile dâisoler un facteur preÌcis.
Quoi quâil en soit, il mâa paru important de partager cette reÌflexion avec vous. Si un jour la recherche confirme le roÌle du microbiote dans la SLA, peut-eÌtre que ce genre dâobservation personnelle prendra un autre sens.