Le diagnostic de la SLA est relativement complexe à établir. Pour beaucoup d’entre nous, c’est un véritable parcours médical, souvent long et déroutant.
Il faut dire que la multiplicité des symptômes ne facilite pas la tâche. Faiblesse musculaire, spasticité, fatigue, troubles de la marche, chutes, fasciculations, difficultés à avaler, troubles de l’élocution, signe de Babinski, irritation pyramidale, syndrome cérébelleux, et d’autres encore.
Aucun de ces signes n’est spécifique, et c’est bien là le problème.
Un ou plusieurs de ces symptômes vous conduisent généralement chez votre médecin généraliste. Après un examen et parfois un bilan sanguin, deux éléments attirent particulièrement son attention : des réflexes très vifs, qui évoquent une irritation pyramidale, et la présence de fasciculations. C’est souvent à ce moment-là qu’il vous adresse en urgence à un neurologue.
Après un examen clinique approfondi, le neurologue constate souvent lui aussi des signes d’irritation pyramidale, indiquant que le système nerveux central subit un stress important. Cela l’amène à prescrire une série d’examens, car le diagnostic SLA fonctionne par élimination. Avant de prononcer ce mot lourd de conséquences, il faut exclure toutes les pathologies qui peuvent imiter la maladie.
Il existe en effet de nombreux diagnostics différentiels. Le corps médical doit donc démêler les pistes, ce qui demande du temps. Pour le patient, c’est une période suspendue, faite d’incertitudes.
Après une IRM, une ponction lombaire et des analyses sanguines spécifiques, qui reviennent toutes négatives, le neurologue commence à évoquer une maladie du motoneurone. Il prononce très rarement les mots SLA ou maladie de Charcot, jugés trop anxiogènes.
Il vous oriente alors vers l’examen central dans la démarche diagnostique : l’électromyographie, ou EMG, qui mesure la réponse musculaire. Malgré les aiguilles, c’est indolore.
Si ce test est positif, on ne vous annonce en général pas tout de suite le diagnostic. Par respect pour la gravité de ce dernier, on préfère laisser cette annonce à un spécialiste référent du centre SLA de votre région. C’est la procédure.
Lors du rendez-vous, le spécialiste ou un membre de son équipe effectue un nouvel EMG, plus ciblé. En priorité sur les zones où la maladie s’exprime en premier : le muscle tibial antérieur, le thénar entre pouce et index, le menton et l’abdomen.
Si ce test est de nouveau positif, alors c’est confirmé. Le diagnostic tombe.
Une fois rhabillé, on vous explique posément que vous êtes désormais porteur de l’une des maladies neurologiques les plus redoutables. Et tout bascule, en quelques phrases.
Il ne faut pourtant pas paniquer. Rien n’est insurmontable, il faudra simplement avancer autrement. J’en profite pour mentionner un vrai manque dans la formation médicale :
annoncer une telle pathologie demande des compétences psychologiques que tous les praticiens ne possèdent pas. Cette annonce peut devenir un traumatisme qui influence profondément la façon de vivre la maladie. D’où l’importance cruciale d’en parler.
Et si l’EMG est négatif ?
C’est une situation paradoxale. Une bonne nouvelle en apparence, mais aussi une mauvaise, car les symptômes sont là, et pourtant la médecine n’arrive pas à poser un nom. Sans nom, pas de traitement. Il faut alors explorer d’autres pistes.
À ma connaissance, en dehors d’une possible infection virale passagère qui disparaît d’elle-même, deux axes doivent être examinés avec minutie : l’intoxication aux métaux lourds et la maladie de Lyme.
L’intoxication aux métaux lourds nécessite des examens spécialisés, souvent en lien avec votre métier, votre environnement ou votre exposition passée à certaines substances.
Quant à la maladie de Lyme, dans sa forme neurologique, elle peut imiter la SLA de manière spectaculaire. C’est une infection difficile à identifier et encore plus à traiter. Les tests classiques, ELISA et Western Blot, sont parfois insuffisants. Les analyses les plus fiables sont souvent réalisées dans des laboratoires allemands ou belges, surtout si vous vivez ou vous promenez en zone rurale où les tiques sont nombreuses.
Si une neuroborréliose Lyme est confirmée, un traitement antibiotique intraveineux doit être mis en place.
Enfin, si après tout cela vous n’avez toujours pas de diagnostic, il se peut que vous soyez face à une maladie rare, ce qui est loin d’être exceptionnel tant leur nombre augmente ces dernières décennies.
Force.