Chers amis gastrostomisés,
Il est assez rare pour le corps médical de nourrir un patient sur le long cours par sonde. Les études sur ce sujet sont d’ailleurs limitées.
Le premier point à aborder est la tolérance. Le système digestif acceptera-t-il cette forme d’alimentation inédite ? Sur ce point, les spécialistes, gastro-entérologues et réanimateurs, sont généralement bien informés. C’est ensuite que les choses se compliquent.
La dénutrition est un facteur aggravant pour nous. Elle a plusieurs causes et est très souvent présente. Pour y remédier, nos équipes soignantes ont pour consigne d’augmenter les apports nutritionnels, principalement en protéines et en lipides.
Avant la gastrostomie, c’est une bonne stratégie. Mais une fois l’alimentation entérale mise en place, la situation change. Les nutritionnistes ont tendance à poursuivre ce schéma, alors que le patient voit ses apports quotidiens régulés. À terme, une alimentation trop riche peut entraîner des dysfonctionnements, notamment hépatiques.
Il est donc important de mettre en place un programme de surveillance avec des bilans sanguins réguliers, tous les deux ou trois mois. Il faut être attentif aux conséquences d’un excès de gras, comme le cholestérol. Même avec une nutrition par sonde, les apports parfaits sont rares.
Même suivi par un nutritionniste compétent, il est difficile d’ajuster précisément l’alimentation à cause du manque de diversité des poches industrielles et du faible besoin énergétique des patients alités.
Je me suis moi-même retrouvé avec un bilan défavorable : cholestérol élevé, stéatose hépatique, inflammation de la vésicule. Rien de grave mais mon généraliste m’a prévenu qu’à terme, cela pouvait conduire à une cirrhose. J’ai donc décidé d’agir.
Impossible de trouver des poches allégées en gras. J’avais réduit les quantités à 700 ml par jour de Frésubin Mégaréal, mais le problème n’était pas la quantité mais la qualité.
Début août 2019, j’ai tout changé. Je suis passé à des soupes bio du commerce enrichies en protéines végétales, auxquelles j’ajoute de l’huile d’olive, de cameline ou de lin, ainsi que des oméga 3.
J’ai fait un bilan début août, début septembre et fin septembre. L’amélioration a été spectaculaire. Une échographie abdominale d’avril montrait une stéatose hépatique, des parois de vésicule épaissies et des calculs biliaires. Une nouvelle échographie à domicile a montré des parois redevenues normales, plus d’inflammation et une stéatose en recul. Mon gastro et mon généraliste m’ont conseillé de poursuivre dans cette voie.
Je me sens mieux : un peu moins de poids, peau moins grasse, un transit amélioré, et j’ai retrouvé la sensation de faim et de satiété. Plus de six ans après, mes résultats continuent de s’améliorer et nous avons évité des complications.
Si vous souhaitez suivre cette approche, faites-le avec l’accompagnement d’un nutritionniste compétent. Au départ, le mien était plutôt réticent à ce changement drastique.
Deux produits peuvent aider le foie : le safran et la sève de bouleau, à utiliser en cure annuelle.
Enfin, contrôlez vos vitamines au moins une fois par an et essayez de maintenir un rythme alimentaire aussi naturel que possible. L’alimentation nocturne est à éviter.