Lecture La Sla pour les nuls
C’est sans doute l’un des désagréments les plus fréquents et les plus pénibles de notre maladie : gérer la salive.

Pour différentes raisons, le corps peut perdre la capacité d’évacuer naturellement les sécrétions. La principale cause est la perte de contrôle des muscles qui servent à déglutir.

Trois approches sont possibles : tenter de réguler la production de salive, l’évacuer mécaniquement ou simplement la laisser s’écouler lorsque la situation l’impose. On peut bien sûr combiner ces solutions.

Réguler la salive

Les moyens les plus courants pour diminuer la production de salive sont l’utilisation de scopolamine en patchs (scopoderm) et l’utilisation d’atropine en gouttes.

Ce sont des molécules puissantes, utilisées dans des contextes variés comme la maladie de Parkinson, le mal des transports ou encore certaines douleurs digestives en soins palliatifs. Leur action sur le système nerveux explique aussi leur usage dans les traitements contre certains gaz de combat.

Dans la SLA, leur effet secondaire le plus problématique est l’assèchement général de la sphère ORL. Cela peut provoquer une sécheresse oculaire, mais surtout un épaississement des sécrétions trachéales et de la salive. Ce point doit être surveillé avec attention.

Ces produits nécessitent donc prudence, dosage adapté et suivi médical.
À titre personnel, et sans être médecin, je pense qu’au vu des effets secondaires possibles, ces traitements ne doivent pas devenir un réflexe quotidien ni être utilisés “à vie”.

D’autres solutions existent, plus radicales. On peut injecter du botox dans les glandes salivaires, avec des résultats très variables. Il existe aussi des interventions chirurgicales destinées à réduire ou détruire ces glandes, mais je connais mal ces techniques et préfère ne pas m’aventurer davantage sur ce sujet.

Évacuer la salive

L’évacuation mécanique se fait grâce à des aspirateurs de mucosités et des sondes buccales.
Il existe deux types de sondes, souples et rigides. Pour ma part, je trouve les sondes rigides beaucoup plus efficaces, en particulier les modèles dits Yankauer.

Laisser couler la salive

Cette solution, moins élégante mais parfois nécessaire, concerne surtout les personnes immobilisées.
J’utilise des compresses américaines de type Zetuvit, très absorbantes et confortables. Placées autour du cou, elles permettent de rester au sec et d’éviter l’inconfort.

Post trachéotomie, la salive située entre la bouche et le ballonnet de la trachéotomie peut être gênante et doit être retirée.
Trois ou quatre fois par jour, on incline légèrement ma tête en arrière pour ouvrir ma bouche et, à l’aide d’une canule d’aspiration rigide, on retire la salive qui s’accumule juste derrière la langue. Avec un peu de pratique, c’est simple et indolore.

Toujours pour les personnes trachéotomisées, il existe aussi des canules équipées d’une ligne d’aspiration destinée à vider cette zone. Dans mon expérience, leur efficacité reste limitée.